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Anitya, l'impermanence, est, selon le bouddhisme, l'une des trois caractéristiques de toute chose.

 

Selon Gautama Bouddha, l'impermanence s'avère la cause de la souffrance (dukkha), car ce qui est impermanent n'est pas satisfaisant.

L'impermanence est aussi promesse de changement : le progrès sur la voie spirituelle n'est envisageable que parce que comme toute chose, notre état présent non-éveillé est impermanent.

 

 

L'impermanence selon différentes écoles

L'impermanence dans le Theravada

L'impermanence des choses, c'est la naissance, le passage et la transformation des choses ou la disparition des choses qui ont commencé à être ou qui ont apparu. Cela veut dire que ces choses ne persistent jamais de la même façon, mais qu'elles disparaissent et se dissolvent d'un moment à l'autre (visuddhimagga)

L'impermanence est universelle et concerne l'ensemble des états conditionnés, même les plus élevés et les plus subtils :

Je ne vois nulle part de situation permanente, stable, immuable, telle qu'on puisse demeurer éternellement dans la même condition. (Alagaddûpama-sutta)

A l'impermanence est associée sa contemplation, soit l'une des dix-huit pratiques principales de vipassana. La description respectant les traditions des stades de vipassana relate celui de bhanga nupassana, la contemplation de la dissolution, dans lequel le méditant s'aperçoit que les phénomènes ne font que disparaître sans cesse.

L'impermanence dans le bouddhisme mahâyâna|Mahâyâna

Comme toute école se réclamant du Bouddhisme, le Mahayana se base sur les Sceaux du Dharma. Selon les écoles ces Sceaux peuvent être au nombre de 3 mais le plus souvent on en dénombre 4 :

Tout composé est impermanent,

Tout composé est insatisfaisant,

Tout est vide d'existence propre,

Le nirvana est paix.

Or si on en croit le premier des 4 Sceaux du Bouddhisme, tout composé est impermanent. Le Mahayana et ses écoles de pensée comme le Madhyamika distinguent 2 sens de composé :

- composé de parties constitutives,

- composé de causes et conditions.

C'est le second sens qui est ici désigné (Voir l'enseignement de Sa Sainteté le Dalaï Lama sur les 400 Stances d'Aryadéva à Hambourg, juillet 2007, où il expose les deux sens d'"espace in-composé").

Donc, comme on le voit dans le Madhyamakavatara de Chandrakirti, le Madhyamika envisage des phénomènes permanents qui ne sont par conséquent pas composés de causes et conditions. C'est pourquoi seules les phénomènes produits, ou composés (causalement) sont impermanents.

Ce qui est différent du 3e Sceau selon lequel tout est vide d'essence propre, non seulement les produits, mais également les phénomènes permanents, ou alors les inexistants qui ne possèdent pas de référent mais dépendent malgré tout d'une conscience qui les conçoivent.

Le fait d'être impermanent revient au fait de cesser au travers d'une altération naturelle et continue. 1) Cependant, certains phénomènes n'ont pas de début et peuvent avoir une fin, comme le samsara (dans ce cas là on ne dira pas que le samsara est un phénomène produit ou non produit mais qu'il est simplement une aberration temporaire de l'état naturel). 2) D'autres phénomènes peuvent avoir un début mais ne pas cesser, comme le nirvana réalisé par un accompli, ou encore les qualités d'un Bouddha. 3) Quelque chose peut aussi ne pas avoir de début ni de fin : comme le nirvana naturel de tout ce qui est , la vacuité généralement; 4) et quelque chose peut avoir un début et une fin, comme les phénomènes produits et par conséquent sujets à l'impermanence.

On peut distinguer dans le Mahayana en particulier deux formes d'impermanence :

l'impermanence grossière.

et l'impermanence subtile.

L'impermanence grossière fait partie des phénomènes évidents (ngeungyour) qui nous apparaissent directement, de manière sensorielle. A titre d'exemple, on voit un verre se casser, un perçoit la fin d'un son, le mouvement des nuages etc...

L'impermanence subtile fait partie des phénomènes semi-cachés, qui n'apparaissent pas à notre vision directe mais que nous avons la possibilité d'appréhender au travers de l'inférence logique, ou déduction.

A titre d'exemple, comme nous voyons une fleur faner, ou notre corps vieillir, nous constatons que cette altération ne s'est pas faite d'un seul coup. Et par conséquent nous savons que le processus d'altération, d'impermanence se fait de manière continue et insensible. Nous en venons alors à étudier ce phénomène et nous comprenons que, dans notre réalité relative, tel effet naît d'une cause mais ne peut pas naître d'une cause permanente. En effet, si la graine restait graine pour toujours, la pousse n'aurait jamais l'occasion d'apparaître. Par conséquent la graine doit cesser pour que l'effet advienne. Et comme la cause est impermanente, son effet l'est aussi nécessairement.

Il devient alors à son tour la cause évanescente d'un nouvel effet etc...

Nous ne percevons pas directement cette impermanence subtile car chaque phénomène produit est un continuum dont les instances, quoique différentes, sont identiques : de telle sorte que cette continuité ne nous apparaît pas d'emblée comme en une altération ininterrompue. Nous ne le remarquons qu'au moment où l'objet perçu finit par être assez différent de celui que nous avions vu jusque là. Comme une ride ou une fleur en train de faner.

Constater l'impermanence et réaliser son emprise sur l'ensemble des produits et par conséquent sur nous-mêmes et notre précieuse existence humaine sert à développer le renoncement et la persévérance dans la culture de l'altruisme : la volonté d'œuvrer actuellement même de manière constructive pour réaliser la félicité éternelle et celle de l'ensemble des êtres.

Voir à propos de l'impermanence les Düra tibétains (Compendiums de débats) qui se fondent sur l'Abhidharma et ses commentaires indiens.

L'impermanence dans le bouddhisme tibétain

Dans les pratiques préliminaires communes du Mahamoudra, la mort et l'impermanence sont le sujet de la seconde méditation.

Deuxièmement, ce monde et tout ce qu'il contient est transitoire
Tout spécifiquement la vie des êtres est aussi fragile qu'une bulle
L'instant de notre mort est imprévisible et , quand elle survient, nous ne sommes plus qu'un cadavre
Puisque c'est le dharma qui nous est bénéfique alors pratiquons-le avec ardeur.